| |
Les pangolins (du malais pang goling : « celui qui s’enroule »), encore appelés fourmiliers écailleux, sont des mammifères insectivores édentés formant la famille des manidés (qui ne comprend que le genre Manis) dont le corps allongé est en grande partie recouvert d'écailles, qui vivent dans les régions tropicales et équatoriales d'Afrique et d'Asie du Sud-Est.
Le pangolin ressemblerait à l'hybride d'un oryctérope et d'un tatou. Selon les espèces, le corps, brunâtre et allongé, mesure entre 30 et 80 cm de long.
Il est prolongé par une queue parfois plus longue encore. Le pangolin géant, le plus grand, pèse jusqu'à 35 kg et mesure 1,5 m.
La tête est étroite et allongée. Les pattes, courtes, se terminent par cinq doigts griffus. Les écailles, entre lesquelles poussent quelques poils, s'imbriquent pour recouvrir les surfaces supérieures et latérales du corps, queue comprise ; seuls le museau, le ventre et l'intérieur des pattes en sont dépourvus. La langue est très longue et mesure jusqu'à 30 cm chez le pangolin géant. Le pangolin se nourrit de fourmis et de termites grâce à sa langue visqueuse sur laquelle les insectes restent collés. Il prend un nombre de repas assez important à cause de la durée peu commune de ceux-ci. En raison de la causticité de l'acide formique que les fourmis expulsent pour se défendre, ses repas sont assez douloureux et doivent être très souvent écourtés.
Le pangolin est généralement nocturne et reste à l'abri durant la journée. Les espèces terrestres creusent un terrier et les espèces arboricoles — telles le pangolin à petites écailles — utilisent leur queue pour grimper et s’enrouler autour des branches. La vue médiocre est compensée par un bon odorat et une ouïe fine. En cas de danger, à l'instar des tatous, le pangolin rabat sa tête entre ses pattes antérieures et s'enroule sur lui-même. Il peut blesser l'attaquant en contractant ses puissants muscles afin de hérisser ses écailles.
Le pangolin étant solitaire, le mâle et la femelle ne se rencontrent que pour s'accoupler. La reproduction est difficile car l'espèce est susceptible et délicate : le pangolin se froisse facilement et la pangolaine ne supporte pas la chaleur. La femelle ne donne généralement naissance qu'à un petit, dont les écailles ne durcissent qu’après quelques jours. Lors du déplacement, les petits s’accrochent sur le dos ou à la queue de la mère.
Le Manis javanica, ou Pangolin de Malaisie, commun en Asie du Sud-Est est actuellement chassé non seulement pour sa viande, mais aussi pour ses écailles. En effet, celles-ci sont très prisées pour la valeur médicinale qui leur est attribuée en Chine, en particulier dans le traitement de diverses maladies de la peau (avec l'efficacité d'une poudre de perlimpinpin, il faut bien le dire…). Et ce, malgré les mesures de protection dont bénéficie cet animal, inscrit sur la liste des espèces menacées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.
Le braconnage concerne surtout des individus de 2,5 kg ou moins, faciles à dissimuler parmi des lots d'autres animaux exportés légalement et qui sont expédiés principalement vers le Vietnam et la Chine.
|
|